Echelle Points S, équivalent dBm, ratio puissance

Sur 28 MHz (bande des 10 mètres), la propagation HF introduit deux particularités majeures :

  1. L’atténuation en espace libre (FSPL) est nettement plus faible qu’en V/UHF.
  2. Les réflexions ionosphériques (couche F2 ou Sporadique-E) ajoutent des pertes de réflexion et d’absorption par la couche D.

Exemple de bilan de liaison sur 28 MHz (Liaison DX ionosphérique)

  • Puissance émetteur (10 W)
  • Pertes câble coax (ex: 20 m de RG-213 à 28 MHz) : -0,6 dB
  • Gain antenne émission (ex: Dipôle demi-onde ou Verticale 5/8) : +2,15dBi

PIRE = 40 – 0,6 + 2,15 = +41,55 dBm

Atténuation sur le trajet (Trajet transatlantique ~6 000 km, 2 bonds ionosphériques)

  • Affaiblissement en espace libre (FSPL) : approx -137 dB
  • Pertes par traversée de la couche D + réflexions ionosphériques/sol : approx -10 dB
  • Affaiblissement total -147 dB

Côté réception

  • Gain antenne réception (ex: Yagi 3 éléments 10m) : +8 dBi
  • Pertes câble réception : -0,5 dB

Puissance au récepteur P rx

P rx = PIRE – L p + G rx – Pertes

Correspondance S-mètre & Analyse du trajet

Sur les bandes HF (en dessous de 30 MHz), la norme IARU définit le S9 à -73 dBm, chaque point S valant 6 dB :

Un signal calculé à -98 dBm correspond exactement à un rapport de S5 à l’entrée du récepteur.

Isoler les pertes de propagation ionosphérique

Si ton SDR ou ton récepteur mesure un signal réel de -108 dBm (S3) au lieu des -98 dBm théoriques :

Ces 10 dB de perte supplémentaire s’expliquent immédiatement par les conditions HF réelles .

La limite physique fondamentale en HF : un signal peut parfaitement être reçu (ou calculé par le bilan de liaison) à un niveau théorique très bas, mais s’il tombe en dessous du niveau de bruit ambiant de la bande sur ton récepteur, il est inexploitable (sauf modes numériques extrêmes comme FT8 / JT65 / JS8CALL qui travaillent largement sous le plancher de bruit, mais en phonie ou en CW classique, c’est le mur absolu.

Sur 28 MHz, quand la propagation ionosphérique s’effondre (fermeture de la couche F2, absence de saut par manque d’ionisation ou bande complètement « morte »), le bruit atmosphérique et cosmique reçu par l’antenne descend à son plancher thermique minimal (autour de -135 dBm à -140 dBm en large bande, ou ramené dans un filtre de 2,4 kHz).

Mais si le signal calculé ou réel se retrouve sous ce plancher ou noyé dans le bruit local (QRM / QRN de la station), il est totalement invisible sur le S-mètre, qui n’indiquera que le bruit de fond de la bande (souvent S0 ou S1-S2 selon l’environnement urbain).